Translator queries : more than just questions – Tim Gutteridge

Last month I attended a workshop with local professional translators in Rennes, the main theme being « the questions to ask the clients before and during the translation process ».

To illustrate the discussion, we came across an article from Tim Gutteridge, an english literary translator who raised exactly those questions in a recent post on his blog. It’s really interesting to see how questions can benefit your work, but also your relation with the clients.

In order to make it clearer for french readers, I decided to contact Tim to ask him if he would mind that I translate his article into french language. He kindly said yes, so here is my translation of his text into french, I think it’s very useful for aspiring translators :

Translators Queries

 

Les questions du traducteur : plus que de simples interrogations – Tim Gutteridge

J’ai récemment aidé une collègue traductrice à soumettre ses questions à un client direct à propos de sa traduction, et cela m’a fait m’interroger sur lesraisons pour lesquelles nous posons des questions à nos clients.

La question peut peut-être paraître stupide. Cela peut sembler évident d’affirmer que nous posons des questions lorsqu’il y a quelque chose que nous n’avons pas compris dans le texte source, ou si nous ne sommes pas sûrs de la terminologie dans la langue cible, particulièrement s’il y a des termes « maison » ?

Pas tout à fait. Avant de soumettre des questions au client, je m’interrogerais sur les points suivants :

 

Est-ce que l’on peut réellement espérer une aide du client ?

 Cela semble tomber sous le sens, mais ça ne sert à rien de demander à un client qui travaille exclusivement dans la langue cible de vous aider à décoder le texte source. Ou de demander à un client qui travaille exclusivement dans la langue source de vous aider à résoudre les problèmes de terminologie dans la langue cible.

 

Combien de questions avez-vous à poser ?

 Sivotre texte source suscite unegrande quantité de questions, c’est que vous avez accepté un texte quiest au-delà de vos capacités (c’est votre problème, non ?), ou alors le texte source est rempli d’erreurs. Le second casest plutôt courant, mais lameilleuresolution est simplement de faire un commentaire général dans ce sens, plutôt que de détaillerchaque faute d’orthographe, chaque erreur grammaticale ou faute de syntaxe au client. Etsile texteestvraiment intraduisible, alors dites-le au client.

 

A quel point est-il facile/difficile pour le client de répondre à votre question ?

 Souvent les clients directs n’ont pas un grand intérêt pour les langues. Des questions vagues (pouvez-vous m’expliquer ceci ?) ont tendance à produire des réponses vagues. J’essaie toujours de formuler mes questions d’une des manières suivantes :

  • une question oui/non
  • un choix dans une courte listed’alternatives
  • une demande d’information très spécifique

Et n’oubliez pas que les clients ne sont pas forcément en contact avec la personne qui a produit le texte source. Par exemple, je traduis assez souvent des cahiers des charges de marchés publics. Mon client est une agence de traduction ; leur client (langue cible) est une entreprise qui envisage de faire une offre ; l’auteur du texte (langue source) est une autorité définissant les conditions de cette offre. Personne dans ma chaîne n’a accès à l’auteur du texte, et de toute façon le calendrier ne le permet pas, en général. Dans ce cas, ce serait donc inutile pour moi de demander des précisions sur des termes ambigus dans le document source.

 

Bénéfices cachés

Cela vaut la peine de réfléchir aux bénéfices que vous pouvez tirer du processus de questionnement (en dehors du fait évidemment d’obtenir des informations pour améliorer votre traduction).

 

Engager une conversation

Un des gros défis pour le traducteur est d’établir une relation, qui avec des clients directs, qui avec des agences de traduction. Prendre la peine de poser des questions vous aidera à amorcer une conversation avec votre client. Et n’hésitez pas à prendre l’échange comme prétexte pour créer une discussion plus personnalisée. (J’agrémente souvent mes messages de petites notes personnelles – où je vais passer mes prochaines vacances, une remarque sur mes animaux de compagnie, peu importe).

 

Ajoutez de la qualité

Je serais très prudent quant aux critiques ostensibles du texte source d’un client direct, mais il faut se servir des questions pour identifier les erreurs dans le texte source, d’une manière neutre. Par exemple, lorsque vous traduisez des rapports financiers, vous pourriez être surpris du nombre d’erreurs matérielles. J’ai même alerté un client de la confusion potentiellement catastrophique dans un texte entre ‘millions’ et ‘milliards’ !

 

Jouez votre propre partition

En tant que traducteurs, nous sommes souvent invisibles. Les gens considèrent notre travail comme une évidence et s’y confrontent uniquement lorsque les choses se passent mal.  Je travaille pour une agence qui me fournit souvent des documents sources plutôt ‘bruts’ (les documents liés au projet sont transmis par des agents sur le terrain qui travaillent pour des ONG). Habituellement je pose peu de questions sur ces textes, mais en général j’inclue un commentaire spécifiant que les documents sources étaient plutôt rudimentaires, mais que je pense avoir fait du bon travail en le rendant clair et lisible.

Mais vous pouvez aussi vous servir d’une question pour attirer l’attention sur untravail particulièrement soigné.  J’ai traduit récemment un texte autour du tourisme qui comportait la ligne »Salchichas alemanas, el arte del embutido gourmet » (Littéralement : les saucisses allemandes : l’art de faire des saucisses gourmet). J’ai traduit ça ainsi : « l’Allemagne, le pays où la saucisse estla meilleure !« et j’ai soumis cela au client : évidemment, pour être sûr qu’il soitsatisfait de monapproche créative, mais en réalité pour mettre en évidence un passage brillamment tourné afinde lui rappeler pourquoi il a besoin de moi pour traduire ses textes, et pas de quelqu’un  d’autre.

 

Assurez vos arrières

 J’ai beaucoup hésité à inclure ce point. En fait, je pense que l’abus de questions par les traducteurs est probablement dicté inconsciemment par un désir d’éviter d’avoir à prendre la responsabilité du produit définitif. (Vous ne pouvez pas – c’est ce pour quoi vous êtes payé !) Cependant, il y a quelques exceptions à cette règle. Quand le texte source n’est vraiment pas terrible (cf. ci-dessus), alors cela vaut la peine de le mentionner, en des termes soigneusement choisis, et peut-être de le reformuler pour mettre en valeur le travail de l’auteur, plutôt que de le critiquer.

Et lorsqu’il y a des problèmes spécifiques que vous ne pouvez vraiment pas résoudre et dont on ne peut pas vous imposer la responsabilité, alors cela peut être consigné. J’ai un client qui me demande souvent de traduire la documentation de logiciels, alors que ces logiciels en sont encore à l’étape de la localisation.

Par conséquent, les copies d’écran dans la langue cible ne sont pas forcément disponibles. Je signale toujours ce problème au client et lui rappelle en particulier qu’il aura à confronter ma traduction (les sections concernées étant indiquées) avec la version définitive du logiciel (ou site internet) dans la langue cible.

Source : http://timgutteridge.co.uk/translator-queries-more-than-just-questions/

 

 

 

 

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